Fignon professionnel

“Lorsque je suis passé professionnel en 1982 dans l’équipe Renault Gitane dirigée par Cyrille Guimard, j’étais loin de penser que j’allais gagner le Tour de France !”
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Après un passage à l’US Créteil lors des saisons 80-81, Laurent FIGNON passe professionnel. Dès sa première saison parmi l’élite notre néo-pro remporte le Critérium international de la route malgré la pluie battante. Et dans la foulée, il contribue largement au succès de son chef de file Bernard Hinault dans la Vuelta d’Espagne où il prend une probante septième place. Dorénavant, il est placé sur les rails du succès et plus rien ne va l’arrêter.

Dans le Tour de France 1983 il prend à la surprise générale le maillot jaune et l’emmène jusqu’à Paris. Et pour bien montrer que ce n’était pas un coup de chance, il récidive l’année suivante après avoir conquis le maillot bleu-blanc-rouge de champion de France sur le réputé circuit de Plouay. Excellent rouleur, bon grimpeur et avec un sens de la course très aiguisé, un grain de sable sous la forme d’une blessure et d’une délicate opération à une cheville va dérégler cette « machine ». Malgré tous ses efforts il tarde à retrouver sa forme éclatante du début. C’est sa « traversée du désert » qu’il vit mal. Très mal même.

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Première victoire sur Milan – San Remo en 1988

Mais Laurent ne doute pas, il sait qu’il reviendra. Et il revient effectivement en 1988 avec sa première victoire dans Milan – San Remo (il réalisera le doublé un an après), son triomphe dans le Giro d’Italie en 1989 et une deuxième place dans le Tour de France 89. Sur les Champs-Elysées il est battu de huit malheureuses secondes par l’Américain Greg Lemond au terme de l’ultime contre la montre qu’il a, vêtu de jaune, couru diminué par une douloureuse blessure à la selle.

S’il a raté du même coup le triplé dans la « Grande boucle » il gagne en revanche une popularité extraordinaire. Avant de monter sur le podium une marche en dessous de Lemond, il craque. Mais ses sanglots émeuvent la France toute entière. Il se « venge » peu après en épinglant à son tableau de chasse le Grand prix des nations, le Critérium des as, et, associé à Thierry Marie le trophée Barrachi et l’Europ-cup. Excusez du peu…

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Le duel épique de 1989, Laurent Fignon et Greg Lemond

 

Il meuble ainsi un palmarès qui, depuis, sera inégalé par un coureur français. En fait, il ne lui manque que Paris – Roubaix (il doit se contenter d’une troisième place en 1988 alors qu’il était le plus fort du lot) et le championnat du monde sur route. Pourtant, il ne passe pas loin du maillot arc-en-ciel à Chambéry où, démarrant en force dans l’ultime bosse, il entraîne dans son sillage Lemond qui, au sprint réglera tout le monde.